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India has only two weeks’ worth of oil reserves, and Russia will take advantage of this.

Man in orange work attire and hard hat using a radio by an industrial tank, with ships in the background.

Le conflit pourrait ouvrir des opportunités pour la Russie.

Les affrontements en Iran se font sentir bien au-delà du Moyen-Orient, jusque sur les marchés asiatiques. Alors que la circulation des cargaisons de pétrole dans le détroit d’Ormuz est désormais presque à l’arrêt, l’Inde - troisième pays exportateur de pétrole au monde - anticipe un risque majeur pour sa sécurité énergétique.

Selon Bloomberg, New Delhi envisage d’acheter des cargaisons russes actuellement en attente près de ses eaux territoriales. Depuis l’invasion de l’Ukraine, et au moment où de nombreux pays ont pris leurs distances avec le pouvoir de Vladimir Poutine, l’Inde s’est imposée comme le principal client du brut russe. Elle aurait toutefois ralenti ses achats sous la pression de Donald Trump, qui menace le pays de droits de douane.

Pour compenser, l’Inde s’était davantage tournée vers le pétrole du Moyen-Orient - une zone désormais secouée par la guerre. Plus inquiétant encore, des responsables du ministère indien du Pétrole cités par nos confrères indiqueraient que les réserves disponibles ne couvriraient que deux semaines. Dans ce contexte, la pression s’accroît sur Narendra Modi, qui pourrait se tourner vers Washington afin d’obtenir le feu vert pour se fournir en pétrole russe.

La Guerre en Iran, une bonne affaire pour la Russie et le pétrole russe ?

D’après des sources s’exprimant sous couvert d’anonymat, les raffineurs indiens pourraient également puiser dans les réserves stratégiques de pétrole de l’Inde, ou bien accélérer des approvisionnements en provenance du Venezuela. De son côté, le ministère indien du Pétrole cherche pour l’instant à rassurer et assure que « toutes les mesures seront prises pour garantir la disponibilité et l’accessibilité des principaux produits pétroliers dans le pays ».

À ce stade, la hausse des prix reste limitée, avec un baril de Brent maintenu sous la barre des 80 dollars. Mais cette configuration pourrait malgré tout devenir un coup de pouce pour la Russie, même si son allié iranien traverse une période difficile. Le Kremlin a déjà montré sa capacité à trouver des relais financiers pour soutenir ses dépenses militaires. À titre d’exemple, les réserves d’or du Fonds national de richesse (NWF) auraient diminué de 71 % depuis le début de la guerre en Ukraine, dans le but de profiter de la hausse des cours.

En toile de fond, le rôle du détroit d’Ormuz demeure central : près de 20 % de la consommation mondiale de pétrole y transite. Or, l’activité y est actuellement presque suspendue, ce qui alimente les scénarios les plus pessimistes. Le cabinet Eurasia Group estime ainsi que « en cas d’interruption prolongée des livraisons via Ormuz, le pétrole brut pourrait rapidement grimper jusqu’à 100 dollars le baril (…) notamment en cas d’attaques contre les installations pétrolières dans la région ».

Pour le Royaume-Uni, un choc durable sur le Brent se traduirait généralement par une pression à la hausse sur les prix à la pompe et sur certains coûts logistiques, même si les effets ne sont pas toujours immédiats. Une envolée prolongée renchérirait aussi la facture énergétique des entreprises et pourrait raviver les tensions sur l’inflation, ce qui complique la planification budgétaire des ménages comme des transporteurs.

Du point de vue des marchés, ce type de crise tend également à redistribuer les cartes entre fournisseurs : lorsque les routes habituelles se grippent, les acheteurs cherchent des alternatives rapides, souvent au prix de compromis diplomatiques. Dans ce jeu, la Russie peut gagner en influence commerciale dès lors que des pays importateurs estiment ne pas pouvoir se passer de volumes supplémentaires à court terme.

Pour approfondir ce sujet, n’hésitez pas à aller lire notre précédent article ici.

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