Tout le monde y trouve son compte – vous comme votre pharmacien. Dès l’an prochain, un seul vaccin pourrait suffire à vous protéger contre deux virus, une façon simple de gagner du temps et d’améliorer la couverture vaccinale.
Moderna vient de franchir une étape importante en Europe : l’Agence européenne des médicaments (AEM) a émis un avis favorable sur son nouveau candidat vaccin, baptisé mCombriax. Conçu sur la technologie de l’ARNm, comme les vaccins COVID-19 de la même famille, ce produit vise à protéger à la fois contre la grippe saisonnière et la COVID-19. Il est destiné en priorité aux personnes vulnérables et aux plus de 50 ans, et se présente comme le premier vaccin combiné au monde à utiliser l’ARNm pour coder simultanément les antigènes des deux virus.
Un vaccin combiné ARNm contre la grippe et la COVID-19
Si l’AEM a rendu cet avis positif, c’est à la suite d’une étude menée auprès de 8 000 volontaires ayant reçu mCombriax en avant-première. Selon les données examinées, le vaccin déclenche une production d’anticorps plus élevée que celle obtenue en administrant séparément un vaccin antigrippal et un vaccin contre la COVID-19.
Cet élément pèse lourd pour Moderna, car l’administration concomitante de deux vaccins peut, en théorie, provoquer une interférence immunitaire ou une réaction inflammatoire plus marquée, susceptibles de réduire la protection attendue.
Prochaine étape : l’aval de la Commission européenne
L’avis de l’AEM ne suffit pas, à lui seul, à autoriser la distribution : la Commission européenne doit encore valider mCombriax. Dans la pratique, la Commission suit fréquemment les recommandations de l’AEM. Une fois l’autorisation de mise sur le marché (AMM) signée, le vaccin pourra être commercialisé légalement dans l’Union européenne.
Déploiement national : recommandations, financement et remboursement
En France, une étape supplémentaire serait nécessaire : la Haute Autorité de Santé (HAS) devrait recommander l’intégration de mCombriax au calendrier vaccinal avant toute disponibilité en pharmacie. Moderna devrait aussi démontrer que le vaccin est économiquement viable pour la Sécurité sociale, laquelle fixerait ensuite le taux de remboursement.
Calendrier envisagé et enjeux économiques pour Moderna
Si le calendrier se déroule sans accroc, les premières doses pourraient arriver dès la saison vaccinale 2026-2027, avant une généralisation l’année suivante. Pour les pharmaciens, l’intérêt est aussi logistique : un produit unique réduirait la gestion de la conservation de deux vaccins distincts.
L’arrivée de mCombriax pourrait également offrir un répit à Moderna sur les marchés. Le titre de l’entreprise a perdu près de 90 % de sa valeur depuis 2021. Alors que mNEXSPIKE représente plus de la moitié de ses revenus, la réussite commerciale d’un nouveau vaccin combiné pourrait aider le groupe à gagner des parts de marché et à rassurer les investisseurs sur la solidité de son modèle économique après la pandémie.
Cette avancée survient par ailleurs alors que Moderna est engagée dans un différend juridique avec son concurrent BioNTech.
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